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Le CDP est l’héritier des formations de gauche que le pays a connus, formations nées avant, pendant et après la Révolution Démocratique et Populaire (RDP) et se réclamant de deux grandes familles idéologiques : le communisme et le réformisme incarnées dans notre pays respectivement par le PAI et le MLN tous deux fondés en 1957 et 1958.

Les scissions et les évolutions successives de ces formations politiques ont donné les principaux partis suivants qui vont animer la RDP. Ce sont : l’Union de Lutte Communiste (ULC), le Groupe Communiste Burkinabé (GCB), l’Union des Communistes Burkinabé(UCB), le Groupe Marxiste-Léniniste (GML) et le PAI.

En 1987, sous le Front populaire, les mutations politiques de notre pays et du monde, l’ouverture démocratique ont imposé la nécessité d’unir certaines formations politiques. C’est ainsi que l’UCB, une partie de l’ULC, du GCB et des militaires progressistes ont créé l’Organisation pour la Démocratie et le Progrès/Mouvement du travail (ODP/MT) en 1989.

L’ouverture démocratique prônée par le Chef de l’Etat, dès le 19 octobre 1987, a favorisé la création de plusieurs formations politiques comme la CNPP/PSD, le GDP, le GDR, le RSI, le MDP, l’ADF, etc, d’obédience politique et idéologique différente des premières.

Le pays a donc évolué dans un contexte de multipartisme vers l’Etat de droit démocratique avec l’adoption de la Constitution de 1991 qui a instauré la IVème République. Il faut noter que la transition démocratique s’est faite sans grands dérapages, comme dans de nombreux pays africains, grâce à la clairvoyance, à la maturité et au savoir-faire du Président du Faso. Les formations politiques qui dirigeaient le pays avec lui, au sein du Front populaire, y ont fortement contribué.

L’Etat de droit démocratique a suscité une sorte de « printemps » des partis politiques. Environs cent quarante (140) partis existent au Faso. Or, le Parti c’est un programme et un projet de société. Dans un pays de 16 millions d’habitants, peut-il exister cent quarante (140) projets de société différents?

Aussi, l’idée d’un regroupement des formations politiques s’imposait de plus en plus. Sous l’impulsion de Blaise COMPAORE, treize (13) formations politiques ont fusionné pour fonder le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) en février 1996 avec pour idéologie officielle la social-démocratie. Ces formations politiques sont, entre autres ; l’ODM/PT, la CNPP/PSD, le MDS, le PPU, le PDR, le RSI, une partie du GDR, le GDR/RSP, etc. Le CDP, en épousant l’idéologie social-démocrate, se situe ainsi à gauche, malgré l’origine diverse des partis (qui vont de l’extrême gauche aux libéraux) qui l’ont porté sur les fonds baptismaux. Que signifie aujourd’hui être de gauche? Etre de gauche c’est penser que l’homme peut progresser et que ce progrès dépend des structures politiques et des conditions sociales et économiques dans lesquelles il vit.

En effet le CDP défend des idées progressistes, la démocratie, les libertés individuelles et collectives. Conformément à ces idéaux, le CDP œuvre à la transformation qualitative du Burkina Faso par la création d’institutions politiques et de conditions sociales et économiques permettant le bonheur des Burkinabé en ayant pour socle des valeurs sacrées comme le travail, l’équité et la justice sociales qui sous-tendent le programme politique du Parti.

Quel est le contenu de la social-démocratie?

La social-démocratie est, a son origine, une doctrine politique révolutionnaire qui prône les libertés individuelles et collectives, la justice sociale, l’égalité de tous et la démocratie. Cela a des implications pratiques tant au sein du Parti que dans la vie politique, économique et sociale. Les critères pour être un militant d’un Parti social-démocrate comme le CDP sont :

adhérer au programme du Parti;

militer dans une structure du Parti ;

payer ses cotisations.

Au sein du Parti, l’idéologie dont il se réclame implique le respect par les militants des textes fondamentaux. Cela signifie avant tout l’égalité de tous les militants qui ont des droits et des devoirs quelque soit leur niveau de responsabilité. Aussi, tous les camarades sont soumis au respect des structures, à la discipline du Parti et au respect des décisions prises par la majorité. La minorité, qui a participé aux débats, doit se plier à la décision adoptée par la majorité. Elle doit l’appliquer. Mais elle peut reposer la question, dans le cadre des structures du Parti, si elle l’estime nécessaire. Mais il ne faut pas avoir recours aux médias pour, de manière individuelle, critiquer le Parti. De telles attitudes l’affaiblissent or il est l’arme pour la transformation qualitative de la société. Cela ne signifie pas que les camarades ne doivent pas s’exprimer. Bien au contraire, ils ont le devoir de donner leurs avis, mais dans un cadre organisé afin que, si leurs idées sont pertinentes, elles profitent à tout le monde et le Parti saura les utiliser. Par ailleurs, lorsqu’ils s’adressent aux médias ils doivent le faire en conformité avec les positions et les orientations dégagées par le Parti.

Sur le plan économique, la social-démocratie opte pour une économie de marché régulée par l’Etat et où coexistent un secteur privé, un secteur d’économie mixte associant investissements privés et publics et un secteur d’Etat.

Sur le plan politique, la social-démocratie prône la conquête du pouvoir de manière démocratique, par la voie des urnes et non par des coups de force, par la violence. Les objectifs sont la construction d’une société où règne l’égalité, la justice sociale. Au Burkina Faso, pour se faire, un partage équitable des richesses nationales s’impose. Le CDP doit aussi placer au centre de ses préoccupations le développement des ressources humaines en s’attaquant à l’éradication de l’analphabétisme et à la promotion de l’éducation pour tous. Des efforts notables ont été faits, mais le chantier est encore vaste. Il nous faut construire de nouvelles écoles, de nouveaux lycées et collèges et de nouvelles universités. La santé pour tous ne doit pas être un slogan vide de contenu car c’est elle qui permet la reproduction de la force de travail. Donner un logement décent à nos populations, assurer la sécurité alimentaire et résoudre la question du chômage sont des points cardinaux du programme du Parti.

Ainsi se mesurent l’équité, la justice sociale et la juste répartition des richesses produites par les travailleurs. Selon la même logique, s’imposent la moralisation de la vie publique et la lutte contre l’impunité qui détruisent tous les efforts de développement et conduisent les populations à penser que les autorités banalisent voire encouragent l’injustice sociale qui freine l’avènement d’une société prospère. Ces conditions politiques, économiques, sociales, culturelles et psychologiques sont indispensables à faire du Burkina Faso un pays émergent.